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La guerre et ses conséquences
expliquent peut-être le radical changement de style de l'après-guerre. A partir
de 1945, Roger Toulouse adopte de nouveaux moyens d'expression picturale. Les
natures mortes tourmentées de cette époque, se caractérisent par des couleurs
violentes, juxtaposées, vigoureusement traitées, et par la représentation
d'objets hétéroclites, parfois imaginaires ou difficilement identifiables. Dans
"La table de
repasseuse" (1947), un couteau,
une chemise sur une "jeannette", un fer à repasser et son support, une boîte à
couture d'où jaillit une paire de ciseaux, sont placés sur une table aux formes
anguleuses, irrégulières et fantastiques. Ces objets quotidiens, et par essence
inanimés, semblent tordus dans des mouvements convulsifs par une puissante et
irrépressible force vitale, ce qui crée un sentiment de malaise et d'angoisse
chez le spectateur.
Cette peinture originale et
novatrice est remarquée par Gaston Diehl qui propose au peintre de participer au
premier Salon de Mai à Paris en 1945.
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Un peu plus tard, il peint quatre
portraits importants qui susciteront quatre poèmes de son ami R.G. Cadou. Ces
poèmes déclencheront à leur tour la création de quatre dessins : étonnante
osmose de pensée entre deux artistes. L'un des portraits, "Le jeune homme à la
médaille", (1947, musée
d'Agen), est soigneusement traité dans une pâte épaisse très colorée. Le visage,
lui-même divisé en plans colorés, se détache sur un fond délimité en quatre
zones unies. A l'arrière-plan, une "potence", leitmotiv inquiétant dans les
oeuvres de cette époque. Le regard du personnage scrute le
spectateur.
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