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1972-1992 - Une nouvelle vision du monde : l'homme métal
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C'est l'intérêt que Roger Toulouse
porte à la sculpture, à partir de 1970, qui va considérablement faire évoluer,
une fois de plus, son langage formel. Les premiers essais sont des
transpositions de dessins triangulés, en sculptures de métal martelé ("La Fuite", 1970) ; mais peu à peu, il va prendre
conscience des lois propres à la sculpture et de la nécessité de travailler en
trois dimensions. Cela va l'inciter à abandonner les triangles, trop légers et
trop frêles, pour des formes plus compactes et plus denses, (ex. : "Enop", 1977, sculpture abstraite aux éléments
articulés). En retour, cette démarche va influencer ses compositions
peintes.
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Au cours de cette longue période, il
est possible de distinguer plusieurs temps successifs, bien que les limites ne
soient pas toujours précises; le peintre a souvent travaillé simultanément dans
plusieurs directions. Il suffit d'observer les éléments constitutifs des
tableaux pour saisir les préoccupations du peintre. On reconnaît les symboles de
la création industrielle : un bateau, un avion, une auto; et des silhouettes
d'architecture monumentales, aux contours anguleux et agressifs : "sémaphores",
signaux, cheminées d'usine. Intégrées à ces silhouettes, on distingue parfois
difficilement, des représentations du monde humain, animal ou végétal. Le
bestiaire utilisé est assez limité : insecte monstrueux, poisson, profil de tête
d'oiseau ou de "bête" (chien ou loup). La végétation est peu présente : fleur ou
profil d'arbre aux branches dénudées. Dans cet environnement hostile, la figure
humaine se remarque à peine, réduite à un simple profil ou à un masque qui se
découpe sur un espace indéfini; ou encore, petit pantin métallisé, robotisé,
renversé, écrasé par la masse de l'architecture qui le domine, ("Dans la
Nature", 1980). Mais que ce
soit une fleur, un insecte ou un personnage, tous semblent privés à jamais de
vie naturelle ("Taln", 1984). Le monde technologique est vainqueur.
Le peintre visionnaire lance un cri d'alarme.
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Vers 1987, les éléments se déstructurent parfois, explosent, s'envolent dans l'espace du tableau et semblent vouloir poursuivre leur trajectoire au-delà des limites du cadre ("Ila 8", 1987). Roger Toulouse donne libre cours à sa fantaisie, à la limite de l'abstraction, il joue avec cette troisième dimension interdite au peintre. Et parce qu'elle lui est interdite, rejoignant ainsi la longue tradition des peintres de tous les temps, il va travailler à rendre l'espace, son espace imaginaire.
De 89 à 91, Roger Toulouse produira un ensemble d'oeuvres qui, tout en restant proches des précédentes par l'esprit, se remarquent par l'usage intensif du blanc. Ces peintures aux compositions très complexes, très élaborées, très raffinées, constituent, dans l'oeuvre du peintre, une dernière période d'apaisement, de plénitude, d'absolue maîtrise de ce langage qu'il a créé de toutes pièces, ("Solitude", 1990 ; "La Guerre du Golfe", 1991). |
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